Les danseurs de l'aube / Marie Charrel

Livre

Charrel, Marie - Auteur du texte

Edité par Les éditions de l'Observatoire. Paris - 2021

EUROPE CENTRALE – ANNEES TRENTE. Après avoir fui la révolution russe, les jumeaux Sylvin et Maria Rubinstein se découvrent un talent fulgurant pour le flamenco. Très vite, Varsovie, Berlin et même New York sont à leurs pieds. Lorsque le Continent sombre dans la guerre, les danseurs sont séparés, et Maria disparaît. Pour venger sa sœur tant aimée, Sylvin ira jusqu'à se glisser dans la peau d'une femme. Et c'est ainsi travesti qu'il s'engage dans la Résistance pour lutter contre les nazis. HAMBOURG – 2017. Lukas, jeune homme à l'identité trouble, rencontre la sulfureuse Iva sur la scène où Sylvin dansait autrefois. Fuyant leur passé, ils partent à leur tour en road-trip dans l'Europe interlope. Au fil des cabarets, leur flamenco incandescent et métissé enflamme les passions. Mais il suscite, aussi, la violence et l'intolérance. Jusqu'à ce que Lukas commette l'irréparable pour protéger Iva... À près d'un siècle de distance, Marie Charrel retrace le destin d'artistes épris de liberté, rattrapés par la folie du monde. Mais prêts à se battre jusqu'au bout pour défendre qui ils sont.  

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Les danseurs de l'aube

Livre numérique | Charrel, Marie | 2021

Europe centrale, années 1930. Après avoir fui la révolution russe, les jumeaux Sylvin et Maria Rubinstein se lancent dans le flamenco, avec à la clé un succès international. Quand la guerre les sépare, Sylvin tente de retrouver sa...

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Avis des lecteurs

  • Les danseurs de l'aube 4/5

    Au fil du chemin de Sylvin Ruvbnstein, grand danseur de flamenco du milieu du vingtième siècle, c’est l’Histoire contemporaine que l’on visite. De la révolution russe de 1917 au lendemain de la seconde guerre mondiale, les déracinements et les traques des bolcheviques d’abord, des nazis ensuite. On vit la peur et l’exil permanents pour ces juifs dont le monde semble vouloir simplement l’élimination. Au cœur de ces atrocités, la conviction artistique donne la force de vivre, de continuer, de ne pas disparaître. Le flamenco, on le danse en lisant. Si ce livre est poignant, il ne cherche jamais à jouer seulement sur la corde sensible du lecteur invité à accompagner les personnages dans tous leurs détours, même quand c’est dur, même s’il ne partage pas. Sylvin Rubinstein était une force de la nature. Un excentrique, un survivant. Tout cela mais aussi un danseur amoureux du flamenco, un travesti, un brigand chic, un polyglotte ambivalent, débordant de générosité autant que de colère. Tout ce que l’Europe n’est plus. Un mythe ». Page 27 Ce livre dit tout simplement comment les artistes savent lire dire le monde dans lequel ils sont, dans lequel nous sommes. Marie Charrel, journaliste, sait rassembler toutes les informations constitutives du récit. A partir de là, elle sait transformer une simple chronique en belle fiction. pour compléter : Sylvin Rubinstein se raconte : « Originaire de Moscou, j’avais grandi à Brody en Pologne où mon père nous avait emmenés en 1917 pour nous protéger des Bolchéviks. Après le décès de mon père, assassiné à son retour en Russie, je vivais avec ma mère et ma sœur jumelle, Maria.Tous deux passionnés de danse, Maria et moi brûlons tôt les planches du théâtre Adria à Varsovie. Notre duo de flamenco – « Imperio y Dolores » – allait bientôt conquérir les grandes scènes européennes. Le 29 septembre 1939, l’arrivée de l’armée allemande dans les rues de Varsovie bouscule notre foi en l’avenir. Bien qu’avoir refusé de porter l’étoile jaune, obligatoire dès le 23 novembre 1939 en Pologne, ma sœur et moi faisions partie des 138.000 juifs contraints de déménager dans le nouveau quartier juif. Résolu à nous extirper de ce mouroir, j’exécutai 12 officiers allemands de sang-froid. C’est alors que ma route croise celle de Kurt Werner, un officier de la Wehrmacht et fan de « Imperio y Dolores » d’avant-guerre. Cette rencontre allait faire de nous des survivants : il nous procure de faux papiers et m’enrôle dans la résistance tandis que ma sœur, elle, décide de rentrer à Brody pour s’occuper de ma mère. C’est la dernière fois que je la vois. En apprenant plus tard qu’elles avaient péri à Treblinka, mon engagement patriotique se mue en une vengeance personnelle sans détour. Dans une brasserie polonaise truffée d’Allemands, je fis exploser deux grenades sur le public devant lequel je dansais. La fin de la guerre n’avait pas mis fin au nazisme et n’avait pas étanché ma soif de vengeance. L’époque se résumait à « punir les mauvais » mais aussi « récompenser quelques bons ». C’est pourquoi je parlais en faveur de Kurt Werner devant le Conseil américain de dénazification. Quant à ma carrière de danseur de flamenco, le duo Imperio y Dolores avait laissé place à Dolores. Dans le rôle de ma sœur, je continuais à aller de scène en scène jusque dans les années 70, quand la profession avait changé ». Sylvain Rubinstein est mort en 2011.

    par Igolène Le 18 avril 2021 à 15:20